Randonnée du Godillot Vagabond en Corse du Sud


Du 4 au 12 mai 2013
(Spassighjata in Corsica del Sud)

le journal de notre séjour en corse , par Georges


Randonnée du Godillot Vagabond en Corse du Sud - Du 4 au 12 mai 2013

Samedi 4 mai 2013
Nous partîmes quatre en voiture de Lyon
Mais par un prompt renfort,
Nous nous vîmes soixante et un
En arrivant au port … de Marseille

C’est ainsi que débute ce voyage par cette envolée lyrique empruntée à Pierre Corneille, qui, soit dit en passant, n’a jamais fait partie du Godillot Vagabond, le bougre.
Pourquoi étions nous soixante et un alors que le groupe devait être de soixante personnes.

Marco a annulé son voyage pour motif personnel et les sœurs Brontë (Danielle et Martine) qui n’étaient pas prévues ont réussi à titre personnel à se joindre au groupe, à leur satisfaction et à la nôtre.

Au fur et à mesure de l’arrivée des voitures au port de Marseille, c’est un grand moment de rencontre et à chacun de pouvoir raconter son voyage, surtout s’il a été effectué dans de bonnes conditions, soit par l’autoroute soit par la nationale 7.

A 18 h toutes les voitures sont là et nous embarquons sur le ferry « Danielle Casanova », puisque le « Bonaparte » a eu la mauvaise idée d’aller se drosser le flanc sur le quai de Marseille alors qu’il y était à l’amarre le jour de la tempête du 28 février.

A 20 h le bateau lève l’ancre et tous les Godillots se retrouvent sur le pont supérieur pour suivre les opérations de sortie du port.

Le bateau passe devant la cathédrale « La Major », avec au loin « Notre Dame de la Garde », devant l’entrée du Vieux Port, le château d’If, les îles du Frioul et puis c’est la haute mer.

Ensuite beaucoup se retrouvent à l’intérieur du bateau pour se restaurer.

Pierrot a fait honneur à son stock de bananes alors que Jean et Loulou se faisaient une idée de la qualité du rosé corse qu’ils n’ont pas hésité à partager de bon cœur.

Les Godillots sont logés au pont 8 et tous les occupants d’une même voiture sont dans la même cabine.

Bonne nuit à tous, la mer est calme, la traversée devrait être du même acabit.

Dimanche 5 mai 2013 – Lac de Créno

Il est 7 h ce dimanche 5 mai et le « Danielle Casanova » accoste à Ajaccio.

Sortie des voitures et direction Sagone.

En chemin un panneau comportait un écrit émanant de la sagesse corse, on peut le présumer du moins :

« Le zèle a tué plus d’hommes que la paresse ».

Voilà une bonne entrée en matière.

Arrivée au camping « Le Sagone ». L’accès aux bungalows qui nous sont réservés est reporté en fin de journée. En conséquence nous disposons nos bagages dans une sorte d’auditorium où le responsable du camping nous fait la présentation des lieux et où nous faisons la connaissance de nos trois accompagnateurs : Jean Roch, Franck et Hercule, pas celui des douze travaux, restons sérieux, car celui qui nous est attribué est corse.

En fin de matinée, nous récupérons nos pique-niques et partons en voiture pour la randonnée prévue ce jour « le lac de Créno ».

Après une heure et demie de trajet sur ces routes sinueuses que seuls les ânes corses savent tracer, nous nous retrouvons sur le parking de « Finfin » et de son restaurant étoilé car près du ciel à 1000 m d’altitude.

L’ensemble du groupe est divisé en trois, pris en charge par chaque accompagnateur.

Après 300 m de dénivelé, nous arrivons sur les rives du lac où nous faisons la pause casse-croûte.

Au cours de la montée, notre accompagnateur s’est évertué à nous informer sur la flore et la faune de la région, en particulier la quasi disparition des châtaigniers touchés par une maladie. Beaucoup sont morts, d’autres, bien qu’ayant souffert gravement, voient sur leurs branches la renaissance de pousses nouvelles. N’oublions pas que la châtaigne a été longtemps la nourriture de base des habitants de l’île.

Nous faisons le tour du lac puis nous reprenons le chemin du retour.

Le temps est frais, un peu de brume et enfin la pluie.

Comme toujours en montagne, on fait des rencontres plutôt affolantes, tels ces gens vêtus et chaussés comme s’ils étaient sur la plage, sans vêtement chaud ni de pluie.

Retour vers « le Sagone », installation dans nos locaux, quatre personnes par bungalow.

Repas à 21 h et dodo pour tout le monde.

Aujourd’hui le temps n’a pas été très accueillant mais la randonnée fut néanmoins très belle.

Lundi 6 mai 2013 – Circuit des crêtes au-dessus du golfe d’Ajaccio

Petit déjeuner à 8 h pour un départ à 8 h 30.

Changement de programme.

Nous devions nous rendre au lac de Ninu mais une neige abondante en altitude a fait que nos accompagnateurs ont estimé qu’il était préférable de marcher le long du littoral plutôt que d’aller en montagne pour y trouver neige, froid et brouillard.

Aux premières heures de la matinée, le temps était couvert et le ciel s’est largement dégagé vers 11 h 30.

En voiture, nous allons en direction d’Ajaccio et des Iles Sanguinaires.

A proximité de la propriété que le petit papa Noël a apporté à Tino Rossi, nous retrouvons nos trois accompagnateurs, Hercule, Franck accompagné aujourd’hui de son chien Oscar et un nouveau venu Laurent, qui remplace Jean-Roch.

Nous allons tous ensemble vers le parking du départ de la randonnée.

Hercule emmène avec lui les bons marcheurs rapides, les deux autres se partagent les randonneurs qui n’ont pas l’intention de réaliser des prouesses.

Après 500 m de dénivelé positif nous avons une vue magnifique sur le golfe d’Ajaccio et les îles Sanguinaires.

Nous allons à travers le maquis. Le terme de maquis vient du latin « macula » qui signifie tache.

Ce maquis a la végétation impénétrable composée de plantes et de fleurs qui offrent une palette de couleurs et de senteurs incomparables.

Il est près de 14 h lorsque nous faisons l’arrêt pique-nique.

Nous poursuivons notre marche par encore une belle montée, puis de ce point haut, nous entamons une longue descente de deux heures de temps qui nous ramènera vers 18 h 30 aux voitures pour être à 20 h au « Sagone ».

Nous aurons ainsi marché 6 h 30 de temps et nous aurons à notre actif un dénivelé cumulé de 900 m.

Après le repas, Colette a réuni tout son monde pour le tenir informé du programme des jours à venir. Après cela il ne restait plus à chacun que de se précipiter dans son lit après une belle journée consacrée à une magnifique randonnée.

Hors texte

Nos accompagnateurs ne se sont pas contentés de nous montrer le chemin à suivre, mais ils se sont appliqués à nous faire connaître tout ce qui pouvait être dit sur la faune et la flore de Corse.

On nous explique les fleurs et les plantes avec leurs caractéristiques, certaines d’entre elles, bien que poussant en milieu méditerranéen, n’existent pas sur le continent et comment ces plantes s’adaptent pour résister aux périodes de sécheresse.

Après un incendie, la première plante à renaître est :
le daphné garou,

puis cette plante est colonisée par :
le ciste de Montpellier, le ciste de Crête, le ciste à feuilles de sauge,

ces plantes sont elles-mêmes colonisées par : la bruyère , l’arbousier, le lentisque pistachier, la myrte

et enfin, le dernier mot appartient :

au chêne vert

et seul un incendie permet le démarrage d’un nouveau cycle, ce qui fait dire à un accompagnateur : « Ne le répétez pas mais les incendies sont des actes nécessaires »

Nous avons pu voir aussi la bruyère arborescente dont la racine servait à la fabrication des pipes, la digitale, l’inule visqueuse, l’hellébore de Corse, l’asphodèle, l’orchidée brûlée, le cyclamen …

La faune est variée, nous avons noté qu’il n’y a pas de vipères sur l’île.

Les rapaces semblent avoir quelques difficultés à se développer sur l’île contrairement à ceux des Alpes. En plus ils n’existent que dans certains massifs.

Franck est un spécialiste du gypaète barbu, appelé aussi « casseur d’os ». Il a pour technique d’emporter les os trop gros et de les laisser tomber sur les rochers afin qu’ils se brisent. C’est un oiseau de 2,80 m d’envergure. Il n’y aurait que six couples et quelques individus solitaires sur la Corse.

Franck qui est également employé au parc régional de Corse, a la charge de fournir ces oiseaux en os qui sont l’essentiel de leur nourriture.

Autrefois ces oiseaux trouvaient dans la nature leur subsistance, la présence des troupeaux de chèvres et de moutons les fournissait en carcasses.

Franck a une passion débordante pour cet oiseau. Lorsqu’il en parle, son visage s’illumine.

Mardi 7 mai 2013 – Journée libre à Bonifacio

Bien que des fouilles effectuées sur terre et en mer montrent que la baie de Bonifacio a été occupée dès le néolithique (5000-2500 avant JC), l'origine de la ville actuelle de Bonifacio n'est pas vraiment connue avec précision, mais des dates approximatives indiquent sa refondation entre 828 et 833 par Boniface II de Toscane qui lui donna son nom actuel. L'histoire attestée de Bonifacio remonte en 1195 mais la ville fut colonisée par les Génois qui imposèrent à la cité des modifications militaires structurelles importantes (et qui créèrent la citadelle actuelle).

Après ce moment de culture qui ne peut nuire à personne, reprenons le cours de cette relation haletante.

Chacun part à sa convenance. Il faut trois bonnes heures pour parcourir les 154 kms qui séparent Sagone de Bonifacio.

La journée s’annonce belle et le soleil devrait nous accompagner toute la journée. La route, bien que nationale, enchaîne virage sur virage et l’on s’aperçoit très vite que les Corses en prennent à leur aise avec le code de la route, tant pour la vitesse que pour le stationnement.

Nous passons près de Propriano, nous traversons Sartène sans arrêter notre élan.

La majorité des voitures est partie à 9 h pour arriver à Bonifacio vers 12 h – 12 h 30. La durée du voyage et ses difficultés n’étaient que de la roupie de sansonnet quand il s’est agi de trouver une place de parking. Beaucoup se sont retrouvés au plus haut de la ville près du cimetière marin.

Un mot au sujet des cimetières corses. Ils sont composés de tombes en forme de chapelle construites en pierre de taille, ce qui leur donne l’aspect d’une ville.

Malgré le nombre important de touristes à Bonifacio aujourd’hui, grâce au pont du 8 mai et de l’Ascension, il fallait faire peu de chemin pour rencontrer des Godillots, à croire qu’ils avaient investi toute la ville. Le temps a été consacré à la visite du fort et de la ville, certains sont allés faire une promenade en bateau, d’autres ont sacrifié au plaisir de la table.

Vers 17 h notre présence n’étant plus nécessaire en ce lieu, chacun reprend le chemin du retour.

Le ciel s’annonçait beau ce matin mais les nuages se sont rapidement manifestés et ce fut une alternance de passages nuageux et de périodes ensoleillées soulignées par un petit vent frais.

Tout le monde était de retour à Sagone pour le repas du soir.

Mercredi 8 mai – Journée libre à Porto et Girolata

Tout comme hier, chacun part à sa convenance après le petit déjeuner de 8 h pour autant que nous soyons à Porto à 14 h pour prendre un bateau pour une croisière de 3 h dans le golfe de Porto.

Tout comme hier également la journée s’annonce belle, le soleil se manifeste dans un ciel uniformément bleu pour la première fois depuis notre arrivée. N’ayant pas trop de kms à parcourir nous pourrons nous arrêter et voir ce que nous offre la ville de Cargèse.

Il y a par exemple deux églises, l’une grecque et l’autre latine.

Ceux qui ont eu la chance de pouvoir bavarder avec les autochtones ont pu apprécier l’humour corse qui dit que « la femme est la 17ème race après le crapaud », ou que « pourquoi ne doit-on pas battre une femme avec une fleur, sinon à quoi serviraient les bâtons ». Ce n’est pas pour autant qu’il faut croire que les corses soient misogynes …., quoique … !

Peu avant le village de Piana, quelques voitures ont été attirées par un panneau indiquant le belvédère de Saliccio, un panorama imprenable avec une vue à 360° sur la mer et sur la terre, ça valait le détour.

Après Piana la route entre dans les fameuses calanche (prononcer Calanques).

La route est étroite, il faut souhaiter ne pas croiser un car.

La beauté de ces rochers dont la taille et la forme permettent à chacun d’y découvrir ce que son imagination lui autorise, à savoir de la silhouette paisible à l’animal fabuleux. Ce lieu renommé attire beaucoup de touristes.

Le pique-nique a été pris individuellement, en particulier par un arrêt à la sortie des calanche dans la forêt domaniale de Piana.

A 14 h l’ensemble du groupe se retrouve au port de Porto où les difficultés de stationnement sont aussi brûlantes qu’à Bonifacio.

Porto abrite un port de pêche mais également une flottille de bateaux, certains destinés aux excursions en saison vers les calanche de Piana et Capu Rossu au sud du golfe de Porto, vers Girolata et la réserve naturelle de Scandola au nord, et d'autres aux écoles de plongée.

Nous embarquons sur le « Punta Bianca », un bateau équipé pour la promenade en mer et pouvant embarquer 140 personnes. Il arrive que des dauphins accompagnent le bateau, la preuve nous en a été fournie par un marin du bord qui en avait filmé avec son portable.

La promenade nous emmène tout d’abord vers la réserve naturelle de Scandola.

La presqu’île dite « de Scandola » est constituée de structures rocheuses. Peu accessibles, elles abritent de nombreux oiseaux marins et des plantes endémiques et protégées. La partie sous-marine de la réserve naturelle est classée par l’Unesco parce qu'abritant une biodiversité remarquable. Elle a été jugée représentative des écosystèmes de la façade maritime du parc naturel régional de Corse.

Puis nous faisons escale à Girolata qui est un hameau de pêcheurs uniquement accessible à pied ou par la mer.

La journée se termine, il faut rentrer au « Sagone » pour le repas du soir.

Jeudi 9 mai – Capu d’Ortu et Capu Rossu (ou Capo Rosso)

Pour cette randonnée le Godillot va se scinder en deux groupes qui n’iront pas sur le même site.

Les plus aptes à la marche, les plus costauds quoi, iront avec Hercule, ça s’impose, et Laurent pour s’offrir 1000 m de dénivelé.

Les autres plus modestement partiront avec Franck pour le Capu Rossu dont le sommet a une tour génoise nommée Turghiu et inscriront ainsi à leur palmarès 600 m de dénivelé.

Pour les puristes précisons que Capu se traduit par « tête, sommet ».

Les tours génoises, la Corse en possède encore 90 sur ses côtes. Il y en a eu jusqu’à 120. Ces tours n’avaient qu’une fonction de surveillance et servaient à signaler l’arrivée de l’ennemi.

Relation des marcheurs du Capu Rossu (Capo Rosso):

C’est du parking en direction de la plage d’Arone près du bar que démarre la randonnée qui ne sera pas un circuit mais un aller-retour. Les 300 m de dénivelé pour atteindre le Capo Rosso débutent par un sentier puis se terminent au milieu des rochers.

L’effort est récompensé par une vue splendide sur le golfe de Porto et aussi le fait d’être au sommet de la seconde plus haute falaise maritime d’Europe à 345 m de hauteur.

En cours de promenade, Franck nous précise qu’il y a encore moins de 1OO ans la présence d’une activité pastorale donnait à cette région un aspect de belle campagne.

La disparition des bergers et des troupeaux de moutons et de chèvres a laissé la place au maquis. Il ne reste plus en souvenir que les bergeries en mauvais état, voire en ruine, qui étaient autrefois habitées par les bergers et leurs familles.

Nous savons par exemple que les enclos de forme ronde étaient destinés aux chèvres et les enclos de forme rectangulaire étaient destinés aux brebis. Le rapport de l’homme aux chèvres est relationnel alors qu’avec les brebis ce rapport n’existe pas. Il est dit par exemple que la chèvre est attachée à l’homme et la brebis à la région.

On peut juger de la présence de cette activité agricole lorsque les sentiers longent des kms de murets de pierres sèches extraites des zones que l’on a voulu cultiver. Bien sûr aujourd’hui ces murets ne délimitent plus qu’un maquis sauvage.

Il semble que maintenant il y ait des velléités modestes de reprise de cette activité pastorale par des individus jeunes et courageux qui cumulent le métier de berger, la tenue de gîtes, et comme guides pour les touristes.

Franck nous a appris que l’hellébore de Corse servait en son temps à soigner les rages de dents et qu’également elle avait pour but d’éloigner les mouches des fromages en cours de séchage.

Par contre le daphné garou pouvait être utilisé pour obtenir un breuvage destiné à l’élimination des belles-mères ……. Si ça tente un gendre mécontent car il doit y en avoir !

Franck a aussi insisté sur l’inule visqueuse aux feuilles collantes qui porte le nom scientifique de « Mauniclaupèse »

(NDLR : nous avions pourtant interdit à notre collaborateur ce genre d’excentricité verbale, mais c’est un garçon obtus qui ne veut rien entendre).

C’est une boutade bien sûr car Monique ON T’AIME !

Relation des marcheurs du Capu d’Ortu :

(Scénario, dialogues et mise en scène de Roger et Serge)

Pour cette randonnée le dénivelé annoncé est de 1000 m. Seuls les gros mollets le tentent.

Le départ se fait au stade de Piana à 500 m d’altitude. Ce stade est plus ou moins herbeux, plus ou moins plat, plus ou moins rectangulaire.

La montée s’est faite à travers les pins lariccio et une partie du groupe stoppe à 150 m du sommet ce qui fait que ces gros mollets-là n’auront monté que 644 m, une broutille …

Les autres montent parmi d’énormes blocs de granit rose façonné de façon curieuse par l’érosion et Hercule préconise de ne pas se servir des bâtons.

La vue est splendide sur Porto et son golfe, hélas bientôt cachés par les nuages mais nous avons eu le temps de faire des photos.

Réunion avec le groupe 150 m plus bas pour le pique-nique. « Encore une fois je cherche un couteau mais Dieu merci j’ai encore ce qui va avec (c’est Roger qui parle). Arcangela se fait un plaisir de me prêter ce couteau qui me manque ».

Hercule nous chante pour la première fois son petit papa Noël aux paroles qui donnent à réfléchir avec la truculence qu’on connaîtra par la suite.

Retour tranquille. Il faut dire qu’une traversée de buissons piquants a laissé pour certains des souvenirs désagréables. Le parcours se termine sur un chemin caillouteux et quelque peu pénible sur sa fin.

Il convient de parler de la flore.

En plus du déjà vu, nous trouvons de la ciboulette sauvage qui a permis à certains d’améliorer la saveur de leurs sandwiches.

Quant à la faune il y aurait quelques chèvres sauvages (pas vues) et quelques petits lézards verts.

Par contre en Corse il faut exclure les marmottes, les écureuils, les chamois, les bouquetins, les hermines…

(NDLR : Nous espérions un grand film, ce n’est qu’un court métrage).

La journée a été vraiment belle et chaude pour les deux groupes, il fallait en signaler l’importance.

Lors du dîner les Godillots ont manifesté leur lassitude devant la répétition des pâtes alimentaires au menu, tant au pique-nique qu’au repas du soir. L’abondance de pâtes n’est pas nuisible puisque les italiens en mangent tous les jours sans dommage, mais encore faut-il qu’elles soient convenablement cuites et assaisonnées. Ce ne fut qu’un incident résolu après une explication amicale avec le chef de cuisine.

A table était servi du vin rouge et du vin rosé, quelques tables se sont fait repérées par leur consommation excessive de rosé. Un verre ça va, plusieurs verres ça va bien mieux

Vendredi 10 mai – I Pozzi – Coti Chiavari

Nous partons en direction de Bonifacio dont nous quittons la route pour aller vers Bastelica et atteindre après une 1 h ½ de trajet la station de ski Val d’Ese à 1600 m d’altitude. Vers la fin du parcours routier en cette fin d’hiver le revêtement n’est plus parfait et il est encombré par la chute de pierres de tailles diverses, il faut être vigilant dans la conduite des véhicules.

Il fait froid, nous sommes à la limite de la neige et le ciel ne laisse pas présager de bonnes choses. Nous nous équipons et partons en direction de « I pozzi » que l’on traduit par « puits, trous ». La randonnée s’annonçait très intéressante mais à peine avions-nous parcouru quelques centaines de mètres qu’il s’est mis à pleuvoir.

Franck rencontre à ce moment-là deux guides de sa connaissance qui l’informent qu’en allant plus avant le temps ne ferait qu’empirer. Décision est immédiatement prise de mettre un terme à notre marche et de redescendre sur Ajaccio où la météo sera certainement plus clémente.

En chemin, nous faisons une rencontre inattendue avec des cochons en liberté en train de se nourrir en bordure de route.

Nous nous retrouvons à Coti Chiavari avec un beau soleil.

Il est 13 h, nous avalons notre pique-nique, sans pâtes alimentaires il faut le dire, et partons pour une promenade de quelques heures dans cette forêt littorale.

Dans ce secteur avait été construit en 1850 un pénitencier dont le bâtiment principal est aujourd’hui destiné à des manifestations culturelles.

Un barrage construit par les détenus assurait le besoin en eau.

Ce pénitencier a été fermé en 1905 pour des questions de rentabilité. Les gardiens corses accordaient aux prisonniers de grandes libertés jusqu’à leur permettre de s’évader. Ce n’est pas pour autant que l’ambiance était bonne puisqu’un grand nombre d’entre eux sont morts de la malaria et du paludisme.

La forêt est principalement plantée d’eucalyptus.

Au cours d’une pause, Hercule qui a été, dans une première vie, commerçant en charcuterie et fromages locaux, nous a donné quelques informations pour reconnaître la qualité de ces différents produits.

Vers 18 h nous repartons pour Sagone.

Au cours du repas dont le plat principal (régional) était un couscous (fort apprécié de tous d’ailleurs), le responsable du camping avait invité une danseuse costumée et légèrement vêtue qui à la satisfaction générale, s’est livrée à la danse du ventre (toujours régionale). A la vue de cette charmante personne, Serge et quelques autres ont frisé l’apoplexie.

La salle du restaurant étant occupée par des convives nombreux et bruyants, tous les Godillots se sont retirés dans l’auditorium où Hercule nous a donné ce qui équivalait à un mini spectacle plein d’humour et de chansons de sa création.

Il est minuit lorsque tout le monde regagne sa couche.

Samedi 11 mai – Ajaccio et retour sur le continent

A 10 h 30 après avoir fait le ménage dans nos bungalows respectifs, nous quittons le « Sagone » pour passer la journée à Ajaccio et attendre l’embarquement sur le ferry.

Visite à la statue de Napoléon, au marché, à la vieille ville.

Ensuite, promenade à la presqu’île des Sanguinaires où nous avons pu constater qu’avec l’aide du vent, la méditerranée était nettement plus agitée qu’au voyage aller.

Arcangela, Marie, Brigitte, Angelo, Christian et Jean Michel ont fait le choix de relier le centre-ville à la presqu’île en empruntant un de ces petits trains routiers touristiques.

A 18 h 30 tout le monde était au port en attente de l’embarquement.

Colette, toujours à la pointe de la rigueur, qui avait parfaitement préparé la répartition du groupe dans les cabines à 3 ou 4 places, en avait presque perdu l’usage de la parole quand elle s’est aperçue que son travail de préparation avait été totalement bouleversé.

Tout rentrera dans l’ordre et « l’Excelsior », bateau de croisière italien affrété par la SNCM, et en provenance de Sardaigne, lèvera l’ancre à 21 h.

Le confort de ce navire est supérieur à celui qui nous a amenés en Corse, moins bruyant en tout cas mais un peu plus dansant à cause des creux des vagues de 1 à 2 m

Tout le groupe a été réuni pour remettre à Colette, en remerciement bien mérité de l’ensemble de sa prestation pour ce voyage, un cadeau collégial.

Le dimanche matin à 9 h toutes les voitures quittaient « l’Excelsior » et s’égayaient en direction de Lyon….

et le combat cessa faute de combattants.

Conclusion

Clin d’œil coquin

Il conviendrait d’avoir une pensée émue pour ces chauffeurs transportant trois personnes de sexe féminin, situation peu enviable surtout en position d’infériorité, reconnaissons le ….

Les bungalows disposant d’un lit double et de deux lits d’une place, de bonnes âmes avaient suggéré que par tirage au sort entre les trois occupantes, serait désignée celle qui irait dormir dans le lit à deux places. Cela aurait pu être considéré comme une compensation pour le conducteur….

Le Pays

La Corse porte bien son nom d’Ile de Beauté. Cette mer, ces villages haut-perchés, ces montagnes avec ces rochers aux découpes surprenantes, ces panoramas grandioses vous remplissent les yeux de bonheur.

Le temps

Nous pouvons être globalement satisfaits de ce séjour. Sans être débordant, le soleil s’est montré coopératif alors que la pluie aurait pu être omniprésente et nous pourrir nos vacances.

Incidents

Les journées de marche se sont déroulées sans incident majeur, ici une poignée de cailloux roulant sous la chaussure a conduit les fesses à aller voir si le sol était réceptif, là un choc un peu plus marqué.

Hormis cela aucun recours à la carte vitale n’a été nécessaire.

Le groupe

A voir le comportement général du groupe où régnaient bonne humeur et convivialité, à voir les mines réjouies de chacun, on peut affirmer avec certitude que ce séjour en Corse n’a fait que des heureux.

Compliments

A Sylvie qui bien qu’ayant sa main gauche handicapée a participé à toutes les randonnées avec un grand courage et un beau sourire.

A Michel qui a su imposer à cette troupe brouillonne un peu d’ordre et de discipline.

Remerciements

A qui pouvons-nous les adresser sinon à Colette  qui encore une fois a organisé ce séjour en Corse, comme elle seule sait le faire, de main de maitre .

Tout était prévu, millimétré, il ne manquait aucun bouton de guêtre.

Encore mille mercis à Colette.

Jonage, le 16 mai 2013

Toutes les news