Plaidoirie pour un enfant de 10 ans


Georges Venturini, propose sa plaidorie pour défendre un enfant qui vient de fêter ses 10 ans ...

Monsieur le Président,
Monsieur l’Avocat Général,
Mesdames et Messieurs les Jurés

Et qu’il me soit permis d’adresser un salut affectueux à notre doyen Bruno qui est dans ce prétoire.

L’affaire qui nous réunit ce soir n’est pas banale et il sera difficile de la résoudre uniquement par des effets de manche.

Avez-vous une idée précise du personnage que vous devez juger aujourd’hui ?

Il ne s’agit pas d’un homme politique ayant trempé dans quelques affaires douteuses ou ayant distribué ici et là quelques prébendes afin de récupérer quelques votes en sa faveur ou de quelque banquier ayant jonglé à son avantage avec le fruit de votre travail.

Non ! Mesdames et Messieurs les Jurés, vous devez juger purement et simplement un modeste enfant âgé de 10 ans qui a débuté dans la vie en ayant comme seul bien un modeste godillot, non pas une de ces chaussures neuves que l’on voit dans la vitrine des beaux magasins mais une de ces godasses que l’on oserait même pas présenter à son pire ennemi.

La vie de cet enfant à ses débuts n’a pas été des plus faciles car on ne lui connaissait aucune famille. Comment pouvez-vous débuter sereinement dans la vie si vous n’êtes pas entouré de l’affection des vôtres ?

Dieu merci il a été recueilli et élevé par une femme, que dis-je une mère qui a su le porter année après année tout au long des chemins les plus aisés et les plus difficiles, et parmi les dénivelés les plus inattendus.

On ne peut que s’incliner devant le courage de cette femme qui obstinément a veillé à la croissance de cet enfant.

Dix ans ce ne sont que quelques années de plus que l’âge de raison et de la raison il a fallu à cette mère pour ne pas abandonner cet enfant et lui donner toute la vigueur que vous pouvez constater par vous-mêmes aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs les Jurés c’est vers vous que je me tourne maintenant afin que votre jugement soit un jugement juste.

Vous ne condamnerez pas cet enfant mais vous lui donnerez une nouvelle chance de repartir dans la vie pour au minimum et j’insiste bien sur « au minimum » dix autres années d’une existence heureuse et croyez que par ce jugement vous verrez naître sur le visage de celle qui l’a vu grandir un sourire resplendissant et plein de gratitude.

J’en ai fini Monsieur le Président.

Le 29 septembre 2012
Georges Venturini

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