Clnque terre


Journal de bord du godillot en Ligurie du 1 au 6 mai 2012


Préambule

Au Godillot Vagabond, il est de tradition non pas millénaire ce serait trop dire, que soit organisées par les soins de sa présidente Colette, des sorties de plusieurs jours où la randonnée est omniprésente, permettant ainsi de mieux connaître les régions concernées.

Cette année Colette a souhaité déposer la cerise sur le gâteau d'anniversaire des 10 ans d'existence du Godillot Vagabond en emmenant un groupe de ses randonneurs aux "Cinque Terre" en Italie.

Les "Cinque Terre" se situent en Ligurie dans le parc national qui porte leur nom sur la côte méditerranéenne entre Gênes et La Spezia. Depuis 1997, elles sont reconnues comme patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

Ce sont cinq villages : Monterosso al Mare, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore.

Les maisons, offrant des palettes harmonieuses de couleurs, sont accrochées aux falaises le long de la mer et donnent l'impression d'être dans un équilibre instable et pourtant elles sont là depuis plusieurs siècles.

C'est dans les années 1870 qu'a été ouverte la ligne ferroviaire entre Gênes, La Spezia et Rome, ce qui a permis de désenclaver ces villages.

Au cours des travaux, l'ancien monastère de Monterosso a été transformé en hôpital car les ouvriers ont été touchés par une épidémie de choléra.

Dans la traversée des "Cinque Terre", compte tenu de l'aspect abrupt de la côte, cette ligne a la particularité de circuler toujours dans un tunnel et de ne voir le jour que dans les gares.

C'est indiscutablement le moyen idéal d'aller d'un village à l'autre.

 


1er mai – Jonage – Monterosso al Mare

 

Ce sont 44 participants qui prendront le bus pour l'Italie.

Départ de Jonage pour les uns, le car est venu ensuite jusqu'à Meyzieu où d'autres voyageurs avaient bénéficié de la gentillesse de Josette Paturel qui leur avait permis de garer leurs voitures dans sa propriété.

Le départ à 7 h a contraint tout le monde à se lever tôt et l'ambiance dans le bus aux premières heures du voyage est proche de celle d'un couvent à l'heure de la méditation.

Notre chauffeur s'est présenté, il se nomme Ahmadi, c'est un routier sympa !

Lorsque les esprits se sont éveillés tous les voyageurs ont eu droit à un cours restreint d'italien afin que chacun puisse au moins dire "bonjour" et "merci" (buongiorno e grazie)

Geneviève a mesuré le niveau intellectuel des passagers en leur soumettant un roulement de questions de toutes natures comme par exemple "qui a peint l'Angélus de Millet ?" ou "comment se nomment les habitantes d'Antibes ?"

Direction Chambéry, le tunnel du Fréjus, nous tutoyons Turin et Gênes.

Un arrêt vers St Jean de Maurienne, un autre après Turin pour la pause repas sur une de ces aires d'autoroute italienne où rien n'est prévu pour le hors sac.

C'est vers 15 h que le car s'arrête à 4 kms de Monterosso al Mare, il ne peut pas aller plus loin.

C'est une rotation de taxis qui assurera le transfert des 44 passagers, du chauffeur et de tous les bagages jusqu'à Monterosso.

Tout ce transfert aurait été un instant de plaisir s'il avait eu lieu par beau temps et non sous une pluie relativement soutenue.

Installation dans les chambres de l'hôtel "Amici" bel établissement et au personnel compétent et aimable.

Malgré la pluie qui fort heureusement avait cessé, chacun a pu faire connaissance avec Monterosso.

Tout le monde s'est retrouvé à 19 h 30 pour le dîner.

Un incident sans doute passé inaperçu aux yeux de la majorité dont Jean-Jacques et Michel ont été les protagonistes.

Ils ont "embarqué" tous les deux dans l'ascenseur afin de rejoindre la salle à manger pour le repas.

Ils n'avaient pas encore dîné, la surcharge n'est donc pas à mettre en cause, ont-ils joué avec les boutons, allez savoir ….

L'ascenseur s'est bloqué, le personnel affolé d'entendre taper sur la paroi était sur le point d'alerter les pompiers (en italien: i vigili del fuoco) afin de désincarcérer nos deux garnements.

Combien de fois faudra-t-il répéter qu'il ne faut pas laisser les enfants utiliser l'ascenseur sans surveillance ?...


Hors texte

 

Il faut dire deux mots sur le 25 octobre 2011.

Ce jour là, il est tombé en très peu de temps une trombe d'eau (en italien "una bomba di acqua").

Toute cette eau a dévalé la montagne  et s'est heurtée à la mer qui sous l'effet de la marée et du vent a bloqué l'écoulement normal de l'eau. C'est ainsi que 2 à 3 mètres de boue se sont accumulés dans certaines rues.

Toute la côte ligurienne a souffert de cette trombe d'eau, il y a eu des victimes, mais aux "Cinque Terre" ce sont les villages de Monterosso al Mare et Vernazza qui ont été les plus touchés.

On a estimé à Vernazza les dégâts à 50 millions d'euros.

Grâce au courage des habitants et de bénévoles venus de l'extérieur qui ont œuvré sans relâche, on peut dire qu'aujourd'hui, six mois après, il ne reste rien de visible de cette catastrophe.

A ce jour, seuls certains sentiers qui eux aussi ont souffert de l'action de l'eau ne sont pas encore rouverts à la randonnée.

2 mai – Levanto – Oratoire San Antonio – Monterosso

 

Temps de marche : 4 h 30

Dénivelé : 325 m

 

Il faut préciser que la logistique du voyage a été assurée par Gérard et Anne de l'agence "L'Echaillon" dont le siège est à Névache.

A 8 h 35 nous prenons le train à Monterosso et 5 mn plus tard nous sommes à Levanto où nous avons rendez-vous à 10 h près de l'Office de Tourisme avec les logisticiens ci-dessus qui devront nous remettre notre casse-croûte de midi.

Pour nous rendre dans la vieille ville nous traversons le marché et les dames ont montré quelque intérêt à ce qui était proposé.

La ville possède quelques anciennes demeures.

Fort curieusement le bâtiment de la douane est assez loin de la mer .A l'époque il était situé sur le bord de la rivière locale se jetant dans la mer et que les bateaux pouvaient remonter, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

On devine la volonté de la municipalité de redonner un certain attrait à la ville en repeignant de couleurs chaudes les maisons.

A 10 h nous sommes tous à l'Office de Tourisme pour récupérer notre pique-nique car les logisticiens n'avaient pas intégré le 1er mai dans leur calendrier.

Nous prenons le chemin n° 1 qui débute par des escaliers et nous n'aurons pas fini d'en monter de ces escaliers.


Pour votre information, Marie-Claude qui aurait compté la totalité des escaliers que nous avons gravis durant tout le séjour, arrive au chiffre de 2 620.

Plus nous prenons de la hauteur plus le panorama sur la mer est splendide.

Laure en prenant une photo laisse tomber en contrebas du chemin l'étui de son appareil, c'est Loulou qui s'y colle pour le récupérer. A-t-il bénéficié d'une récompense à la hauteur de son geste, cela restera un mystère…

Le chemin surplombe la mer et offre un beau panorama sur Levanto et sur toute la côte.

Quelques randonneurs de diverses nationalités nous doublent ou nous croisent.

En juillet et août le nombre des randonneurs doit être impressionnant et compte tenu de certains passages relativement exigus, les croisements doivent être périlleux.

Nous arrivons à la pointe Mesco où se trouve l'oratoire Sant Antonio.

A l'origine ce lieu était sans doute un poste d'observation puis un lieu de culte et enfin vers le 17ème siècle la marine italienne y a installé un sémaphore. Aujourd'hui ce sont des restes que gère la société d'archéologie de Gênes.

Pause casse-croûte.

Nous reprenons la descente sur Monterosso.

La descente a été marquée par des chutes sans gravité. Monique a glissé sur une partie de terre grasse et Bruno en voulant rattraper "une bonne femme" (ce sont ses termes) a trébuché sur un rocher et s'est allongé à son tour.

Après une heure de marche, nous arrivons à la plage, Jean-Jacques et son épouse en ont profité pour se tremper les pieds, d'autres ont trouvé l'eau froide et une Monique se serait baignée, qui ?

Bernadette et Josiane ayant estimé la randonnée un peu courte à leur gré ont choisi d'aller jusqu'à la Madonne de Soviore, soit deux heures de marche en plus.

Une information importante : la journée a été belle, le soleil a été généreux et même chaud.

A 19 h30 tout le monde se retrouve dans la salle à manger de l'hôtel pour le dîner.

 

 

3 mai – Monterosso – Vernazza – Manarola – Gropo – Volastra – Corniglia

 

Temps de marche : 6 h 30

Dénivelé : 665 m

 

C'est à partir de 7 h 15 que le petit déjeuner est servi à l'hôtel.

C'est un petit déjeuner de type continental où chacun va se servir tout à son aise à un buffet bien garni.


Par une fiche mise à la disposition de tous les convives, chacun doit choisir parmi la liste des plats proposés ce qu'il souhaitera manger le soir.

Les logisticiens ont préparé en temps et en heure les sacs individuels de notre pique-nique de midi.

Vers 8 h 15 c'est à pied que nous quittons Monterosso en direction de Vernazza par le sentier n° 1 et entrons d'autorité dans le parc national des "Cinque Terre".

Pour entrer sur ce sentier les randonneurs doivent acquitter un droit de passage qui est de 5 € par personne (3,5 € pour le groupe que nous sommes).

A l'heure où nous arrivons le péage est encore fermé. Quelques personnes sont là et attendent son ouverture. Colette demande à son traducteur personnel d'interroger ces italiens pour connaître l'horaire pratiqué. Les italiens répondent : "at nine o'clock". Plus italien que ça tu meurs.

Nous décidons de poursuivre notre marche sans acquitter les frais de péage.

Le sentier est fait d'escaliers que l'on monte et que l'on descend, d'un chemin étroit qui coupe les ruisseaux dévalant de la montagne pour se jeter dans la mer. Dans certains cas le passage est tellement étroit que l'on a de la peine à croiser une autre personne.

La pente des terres surplombant la mer a contraint les habitants à créer des terrasses pour cultiver la vigne, l'olivier, les citronniers ….

Ces terrasses sont reliées entre elles par de très longs ou parfois de très courts escaliers toujours rigoureusement en pierre.

La réalisation de ces terrasses et de ces chemins a été un travail énorme.

Il faut imaginer les efforts entrepris par les habitants.

Notre attention a été attirée par la présence d'un monorail à crémaillère qui paraît aller de terrasse en terrasse. Nous ne saurons que plus tard que c'est un nouveau système de transport utilisé en particulier pour la vendange.

Il a fallu 2 h de marche pour relier Monterosso à Vernazza, (5 minutes par le train).

Le chemin a été longtemps en balcon avec vue sur la mer puis nous avons abordé une descente où il convient d'être toujours attentif pour éviter les chutes avant de pénétrer dans Vernazza.

Sur tous les circuits pédestres du monde on rencontre des gens inconscients telle cette famille composée du grand-père, sa fille d'une quarantaine d'années avec deux enfants de 15 et 5 ans. Ils nous ont interrogé pour savoir si le chemin était difficile pour aller à Monterosso. Notre réponse a été de dire que si les plus grands pouvaient y aller sans trop de problème, ce serait moins simple pour la plus petite, d'autant que comme équipement ils avaient privilégié l'appareil de photo et s'engageaient sur cette voie sans la moindre goutte d'eau.


Nous reprenons le train pour Manarola, car faut-il le rappeler bien des sentiers ne sont pas encore praticables à la suite des événements d'octobre 2011 malgré tous les efforts fournis par les habitants des "Cinque Terre" pour les rendre accessibles.

La sortie de la gare s'effectue par un tunnel décoré de photos diverses.

Ce tunnel nous l'avons apprécié 3 fois car notre guide avait quelque peine à trouver la bonne direction.

Aussi bizarre que cela puisse paraître les villages des "Cinque Terre" ne possèdent pas de port où les barques pourraient être amarrées à l'abri d'une jetée ce qui conduit les pêcheurs à sortir les barques de l'eau, les mettre sur un support mobile et les rouler devant les maisons.

Pour la poursuite de notre route, allez savoir pourquoi le logisticien avait fait savoir à Colette et son staff (Michel et Jean-Jacques) que la partie de trajet allant de Vernazza à Groppo et Volastra était particulièrement difficile.

L'appréciation des uns varie à souhait car cette partie de chemin ne présentait aucune difficulté. Par la crainte d'avoir à affronter des difficultés majeures, une douzaine de personnes satisfaites de la course entre Monterosso et Vernazza a préféré ne pas aller plus avant.

Pour ne pas donner tout à fait tort à nos logisticiens, nous pouvions nous rendre directement à Volastra et c'était là où nous aurions dû gravir un millier de marches.

Les inconditionnels de la randonnée poursuivent donc leur marche vers Groppo, une montée alternant entre escaliers et chemin traversant une végétation diverse.

Nous voici donc à Groppo.

A la sortie du bourg, nous nous arrêtons pour le pique-nique en profitant d'une volée d'escaliers pour nous installer en ayant comme apéritif une vue spendide.

Nous apercevons Volastra (340 m d'altitude, ne perdons pas de vue que nous partons toujours de l'altitude 0) au-dessus de nous à faible distance, et nous l'atteindrons en suivant la route.

Nous faisons un peu de tourisme dans ce village aux petites rues étroites et sympathiques et nous stationnons un moment sur la place face au sanctuaire de Nostra Signora della Salute.

Le nom ancien de Volastra était Vicus Oleaster qui signifie "pays des oliviers".

Le retour sur Corniglia a été long et les descentes hasardeuses mais ce retour entre les vignes et la vue sur la côte et la mer est un plaisir inégalé.

Corniglia est un village haut perché sur la falaise et le groupe a fait un arrêt prolongé qui pour un peu de tourisme, qui pour se désaltérer abondamment.

Pour rejoindre la gare il faut descendre 382 marches d'escalier, une fois ceci accompli ainsi que le trajet en train, tout le monde se retrouve à Monterosso.


Ce soir est organisé l'apéritif d'accueil qui aurait dû avoir lieu lors de notre arrivée, puis reporté au mercredi et enfin auquel nous avons droit ce soir même. Nous nous retrouvons tous au milieu des citronniers dans le jardin en terrasse surplombant notre hôtel.

Il était temps que ce pot d'accueil ait lieu, sinon c'était un "pot d'adieu".

 

 

4 mai – Monterosso – Camogli – Portofino

 

Temps de marche : 4 h 15

Dénivelé : 720 m

 

Après notre petit déjeuner nous récupérons notre sac pique-nique et nous partons en direction de la gare pour prendre le train qui doit nous emmener à Camogli après un changement à Sestri Levante.

Le circuit de ce jour doit nous emmener de Camogli à Portofino après 4 h de marche.

Le topo guide précisait que la sortie de Camogli s'effectuait par un interminable escalier de plus de 800 marches et ce n'était pas une fausse information car, après avoir escaladé toutes ces marches nous arrivons à San Rocco à 250 m d'altitude.

Sur cette plate-forme il y a l'église de San Rocco et de là on pouvait bénéficier d'un magnifique panorama sur la mer et la ville de Camogli.

Le groupe du Godillot Vagabond va pouvoir prendre un coup de jeune car nous sommes entourés d'adolescents en sortie scolaire.

Ils sont là à San Rocco et nous les retrouverons plus loin.

Nous poursuivons notre progression en altitude et aurons ainsi monté en totalité 1183 marches avant d'entrer dans la forêt du parc de Portofino. Ce parc est magnifiquement entretenu. Nous arrivons au lieu-dit "Les pietre strette" (Pierres serrées) où nous retrouvons, si ce n'est lui c'est donc son frère, un groupe d'écoliers fort bruyant.

Nous amorçons la descente vers l'Abbaye de San Fruttuoso et à proximité la Torre Doria.

La descente vers l'Abbaye a été particulièrement éreintante. Il est vrai que les randonneurs en général préfèrent monter que descendre car pour cette dernière activité les genoux sont mis défavorablement à contribution.

Tout au long de cette descente nous aurons eu pour compagnie des élèves tant masculins que féminins.

Les gamins ne se privaient pas en parlant de nous de faire référence "ai vecchi" (aux vieux) mais c'est bien mal nous connaître !


L'abbaye est un magnifique bâtiment déserté par les religieux et la petite plage avoisinante était bondée de jeunes ados dont certains pour épater les filles n'hésitaient pas à plonger dans l'eau.

Nous prenons notre casse-croûte au milieu de cette bourdonnante ruche et se pose la question de savoir qui ira à Portofino par le chemin et qui par le bateau.

Au bout du compte 12 marcheurs décident de rejoindre Portofino à pied donné à 2 h 30 de marche. C'était prendre un sérieux risque pour arriver en temps voulu pour prendre le bus qui de Portofino devra nous ramener à Santa Margherita pour y prendre le train pour Monterosso.

Le gros de la troupe va donc prendre le bateau et les 12 marcheurs attaquent les 250 m de dénivelé. Ils auront une magnifique surprise car le premier panneau rencontré indique "Portofino à 1 h 30". Youpi ! Le groupe a ainsi la certitude d'arriver à temps au bus.

Il s'avère que le panneau était un peu optimiste dans son estimation, les douze aurons marché malgré tout 2 bonnes heures.

Ils n'auront mis que 45 mn pour atteindre le sentier balcon qui court le long de la côte. Il est vrai qu'un groupe réduit avance plus vite qu'une théorie de 44 randonneurs.

A un moment, Colette sort sa carte pour la consulter. Un des participants demande à Colette en scrutant la carte "où sommes-nous", réponse impossible alors l'un des présents a répondu à la place de Colette en disant "regarde bien la carte, il y a un point rouge avec écrit "vous êtes ici".

La descente sur Portofino a été un vrai plaisir par une voie recouverte de plaques d'ardoise et complétée d'escaliers réguliers.

A l'entrée de Portofino c'est Jean et Bruno qui nous accueillent.

Visite rapide de ce port que l'on peut comparer à Saint-Tropez en France, c'est-à-dire un lieu où la densité d'économiquement forts au kilomètre carré, tant sur terre que sur l'eau,  est impressionnante.

Nous embarquons dans le bus pour Santa Margherita où tout le groupe se reforme pour prendre un train direct pour Monterosso.

 

 

5 mai – Monterosso – Riomaggiore – Col del Telegrafo – Campiglia –
Porto Venere

 

Temps de marche : 4 h 15

Dénivelé : 600 m

 

C'est par le train que nous atteignons Riomaggiore.

La sortie de la gare se fait par un tunnel dont un côté est recouvert par une mosaïque faite de céramique, marbre et coquillages. De la belle ouvrage.

Nous partons en direction de Notre Dame de Montenero.


La montée se fait au milieu d'une nature verdoyante avec vue sur ces magnifiques cultures en terrasse.

Le long du chemin nous constatons la présence de kms de tube en plastique noir destinés sans doute à transporter de l'eau servant à l'arrosage, voire à la protection des lieux contre les incendies, car nous avons pu ici où là traverser des secteurs où les incendies avaient fait quelques ravages.

Nous voici au sanctuaire de Montenero duquel on peut bénéficier du plus beau panorama des "Cinque Terre".

Nous avons le plaisir de voir surgir un de ces engins utilisant ce monorail à crémaillère pour se déplacer. Nous avons appris que cet appareil servait surtout au transport de la vendange.

Nous poursuivons notre route en direction du col del Telegrafo.

Le temps devient quelque peu désagréable. Nous sommes dans la brume. Il fait un peu frisquet.

Du col del Telegrafo encore un peu de montée et nous abordons la descente en direction du village de Campiglia. Quelques rares gouttes de pluie se sont manifestées qui en ont affolé quelques uns qui se sont précipités sans raison sur les ponchos.

A Campiglia nous étions censés être autorisés à utiliser les tables extérieures du refuge local. Nous n'avons pas compris le comportement de la responsable des lieux qui ne nous autorisait à utiliser 3 tables sur la dizaine existante.

Un petit groupe est allé se mettre à l'abri près de l'église puis tout le monde est allé dans un grand vacarme dans le restaurant afin d'y prendre une boisson chaude.

Nous allons en direction de Marola en utilisant un ancien sentier muletier tracé dans les années 1800 et qui était la seule liaison entre Campiglia et la Spezia.

Ce sentier comme tous ceux que nous avons pu pratiquer est une œuvre d'art.

A Marola nous prenons le bus qui nous conduira à Porto Venere. Nous n'avons pu consacrer que peu de temps à la visite de ce port offrant des sites très intéressants.

Le retour sur Monterosso se fera en bateau.

La mer sans être particulièrement agitée donnait malgré tout à chacun de pouvoir juger de son aptitude à avoir le pied marin.

De la mer nous avons pu ainsi avoir une autre vue sur les cinq villages des "Cinque Terre".

Ce soir à l'hôtel l'apéritif était offert (en grandes pompes, c'est le cas de le dire) par le Godillot Vagabond et un repas aux chandelles était organisé par nos hôtes. Repas qui s'est terminé en chantant "Bella ciao" interprétée entre autres par les trois serveurs : Alice, Illaria et Simone et repris en chœur par toute l'assemblée frappant en rythme dans les mains.


Hors texte

 

On ne peut pas quitter cette magnifique région sans avoir une pensée pour tous ces hommes et ces femmes qui ont sculpté leur pays en dépensant une énergie inhumaine.

Les murs de pierre sèche qui retiennent les terres situées au-dessus où se cultive la vigne, les oliviers et les citronniers forment un monument dans toute la région qui fait en cumulé plus de 2000 km de long.

La réalisation des escaliers en pierre taillée et complétés par des pierres en calage est admirable.

Il faut penser que tout ce travail se faisait au mieux avec l'aide de mulets et même sans aucun doute à dos d'homme.

Si tout ce travail est parvenu jusqu'à nous sans avoir encore trop souffert de la dégradation suite à l'abandon de certaines cultures, nous en sommes redevables au savoir faire et à la qualité du travail de ceux qui l'ont exécuté.

Des photos prises autrefois au cours des vendanges montrent les femmes portant le raisin dans des paniers posés sur leur tête.

L'installation du monorail à crémaillère a considérablement réduit les efforts des uns et des autres. Cet appareil permet d'absorber des pentes de 30 %.

 

 

6 mai – Monterosso – Manarola – Riomaggiore – Jonage

 

Temps de marche : 1 h

Dénivelé : 40 m

 

Nous prenons le train à 9 h pour Manarola afin de parcourir le fameux "Camino del Amore reliant Manarola à Riomaggiore.

C'est une voie aménagée longeant la côte à quelques dizaines de mètres au-dessus des flots. Ce sentier a été creusé à la pelle et à la pioche durant les années 30. Taillé à 50 mètres au-dessus de la mer, il permet de relier les deux villages entre eux.

Outre le nombre important d'inscriptions sur les rochers, inscriptions à caractère affectueux, amoureux, voire passionné comme par exemple "même pas enchaînée mais amoureuse et fidèle à jamais" le chemin est constellé de cadenas accrochés sur tous les supports hermétiques. Ils sont le témoignage d'amours éternelles et comme disent les italiens "se non e vero e ben trovato" (si c'est pas vrai c'est bien trouvé).

A Riomaggiore nous consacrons une heure de temps au tourisme et nous bavardons avec un couple d'australiens dont le mari utilise un ipad comme appareil photographique, un peu encombrant mais le résultat est surprenant. Il a photographié le petit groupe que nous étions et Colette lui ayant remis son adresse e-mail il a promis de nous envoyer la photo.


En parlant de touristes nous avons rencontré des français, des suisses, des allemands, des anglais, une néo-zélandaise entre autres.

La fin du voyage est toute proche, nous retournons à l'hôtel récupérer nos bagages, faire l'opération inverse de l'arrivée avec les taxis mais aujourd'hui par temps sec.

Nous avalons notre casse-croûte avant de monter dans le car et à 13 h départ pour la France.

 

 

Conclusion

 

Chacun au cours de ce voyage a pris sa part de satisfaction, Françoise, Geneviève, Laure et Monique et Yvette ont eu à leur table au restaurant de grands moments de rires claironnants.

Des tables plus calmes étaient tournées vers le plaisir de la dégustation mais la bonne humeur était flagrante.

Jean qui cet hiver s'est accidenté un pied n'a pas pu participer à la totalité des randonnées mais il s'est appliqué malgré tout à prendre sous son aile ceux qui n'étaient pas en mesure de faire face aux randonnées complètes.

Notre doyen Bruno disait que s'il restait encore une semaine en Italie il serait capable de parler normalement l'italien, ce qu'il faut croire car les racines sont toujours là.

Monique n'a pas manqué de partager avec chacun ses états d'âme amoureux.

Il suffisait de scruter le regard des uns et des autres pour voir qu'il y pétillait l'étincelle d'une grande satisfaction.

Le temps a été indulgent sans nous inonder de soleil, il nous en a distribué assez pour nous donner l'impression de belles journées et surtout il a su retenir par devers lui la pluie.

Merci à Jean-Jacques d'avoir mené toute la troupe sur les bons chemins.

Merci à Michel qui a su compter chaque matin les participants et résoudre les problèmes d'intendance au milieu du désordre dans lequel se complaisaient les marcheurs.

 

Un immense merci à Colette pour avoir organisé un aussi beau séjour dans cette région dont chacun d'entre nous n'imaginait même pas la beauté.

Comme à son habitude Colette n'avait rien laissé au hasard.

Devrons-nous attendre le 20ème anniversaire du Godillot Vagabond …..

 

MERCI ENCORE A TOI COLETTE ! !


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